Avant Cartier, des marins avaient croisés dans ces eaux

Quand, le 24 juillet 1534, au nom du roi de France, François 1er, Jacques Cartier prend officiellement possession de l’embouchure du Saint-Laurent, il croit, de bonne foi être le premier Européen à être parvenu jusque-là. On le surnommera le « découvreur du Canada », même si, avant lui, des Vikings, les navigateurs italiens Jean et Sébastien Cabot et des pêcheurs basques et bretons ont croisé dans ces eaux. L’année suivante, Jacques Cartier remonte le fleuve, reconnaît l’emplacement où s’élèvera Québec, puis la ville indienne d’Hochelaga (futur site de Montréal). Il reviendra une dernière fois en 1541. Et jusqu’au voyage de Champlain, en 1608, on ne parle plus guère, en France, de l’embouchure du Saint-Laurent. Quelques tentatives vinrent cependant le jour (celle du marquis de La Roche, en 1584, de Pierre Chauvin en 1595) pour implanter des établissements permanents. Mais, surtout, on sait depuis peu que les Européens, notamment les pêcheurs basques entre 1580 et 1630, complétaient leur cargaison de poissons et d’huile de baleine avec des fourrures achetées aux Amérindiens. Les fouilles entreprises en septembre 1991 sur l’Île aux Basques (entre Tadoussac et Trois-Pistoles) ont permis de mettre au jour quatre grands fours de pierre utilisés par les pêcheurs pour faire fondre la graisse des cétacés. En 1608, Samuel de Champlain entreprend la colonisation de la vallée du Saint-Laurent et fonde Québec. En 1611, lors de son troisième voyage, il construit une imposante muraille dans l’Île de Montréal. C’est à cet endroit même que Paul de Chomedey de Maisonneuve fonda sa colonie en 1642. (Source : Géo, avril 1992, p. 106 / Le Rioux, vol 9 no 2, avril-mai-juin 1992)