La famille de Jean Riou

 

Les précédentes recherches sur l’ancêtre ont permis de démontrer que son patronyme s’est transformé de Rochiou (voir l’acte de baptême dans les registres de Ploujean en 1652) en Riou (voir acte de mariage dans le registre de Sainte-Famille en 1678).

Rappelons qu’il ne s’agit pas d’une erreur de transcription du patronyme dans les registres de Ploujean puisque dans cette paroisse coexistaient au 17e siècle des familles Rochiou et Riou sans qu’il y ait eu de confusion. Par exemple, le 17 mars 1652 est inscrit dans les registres l’acte de baptême de François fils de Guion Riou et de Marie Couze. Il est à noter qu’à cette époque les familles Riou sont cependant peu fréquentes dans les registres.

Au contraire, cette transformation résulterait d’une erreur de transcription vraisemblablement en Nouvelle-France. L’ancêtre ne savait probablement pas écrire puisqu’il n’a pas signé son acte de mariage ni son contrat de mariage. De plus, le patronyme Riou se prononce en langue bretonne Rorriou, ce qui expliquerait peut-être une éventuelle confusion avec le patronyme Riou, phonétiquement beaucoup plus courant.

De nouvelles recherches dans les registres paroissiaux de Ploujean permettent d’établir que Jean Rochiou alias Riou est issu d’une famille de huit enfants. Son père Jean Rochiou épousa le 15 septembre 1645 Françoise Beric et de ce mariage naquit en 1646 Marguerite. Malheureusement, son épouse décéda en 1648 de maladie (“dans sa maladie mortelle”).

Jean Rochiou (le père) épousa en secondes noces Marguerite Gueguen, mais une lacune dans les registres de mariage couvrant la période de 1646 à 1656 ne permet pas d’en déterminer la date exacte. Ce mariage fut célébré dans les années 1649-1650, car nous trouvons la trace de la naissance de Françoise Rochiou le 1 février 1651. Puis les naissances issues de cette deuxième union se succédèrent : Jean (l’illustre seigneur de Trois-Pistoles) en 1652, Yvonette en 1654, Claude en 1656, Anne en 1658, Perrine en 1661 et Philippe en 1664. Ce dernier ne survécut pas et décéda le mois suivant sa naissance.

Parmi les parrains et marraines figurent les patronymes de Beric et Gueguen (parenté du côté maternel), Scarabin (parenté paternelle) et Ledan, Prigent, Bezmont, Peinter, Meur, Guezennec, Guerlesquin, Le Fouillez, Le Cam, Auffret, Botcado et Du Cosquer. Comme particularité, nous pouvons signaler le parrain de Claude Rochiou : Dominus Claude Gueguen qui était prêtre, et Marie Du Cosquer, vraisemblablement une noble, la marraine de Philippe Rochiou.

À partir de 1664, plus aucune naissance de ce couple n’est répertoriée dans les registres de baptêmes. Après 1664 seuls deux actes relatifs à des Rochiou apparaissent dans les registres. Le 27 août 1685, nous trouvons tout d’abord le mariage d’Anne Rochiou, 27 ans, fille de feu Jean Rochiou et de Marguerite Gueguen, avec Pierre Taoc, 30 ans. Cet acte nous apprend que Jean Rochiou, son père, est décédé dans l’intervalle entre 1664 et 1685; cela explique peut-être l’arrêt des naissances à l’année 1664.

Le second acte se rapportant au patronyme Rochiou est daté du 19 juillet 1700. Il concerne le mariage d’Anne Rochiou avec Jean Tous. Il s’agit peut-être du remariage de la précédente Anne Rochiou. Cependant la mention de veuve n’apparaît pas dans l’acte ni la filiation habituellement indiquée lorsqu’il s’agit de jeunes femmes. Cette hypothèse devra être approfondie par la recherche du décès éventuel de Pierre Taoc.

Une chose est certaine : la famille de Jean Rochiou n’apparaît plus dans les registres de Ploujean après 1700. Nous n’avons plus constaté ce patronyme dans les registres de mariage (recherches effectuées jusqu’en 1760), ni dans les registres des sépultures (recherches effectuées jusqu’en 1720). À l’exception d’Anne Rochiou, il n’y a aucune trace de Marguerite, Yvonette, Claude et Perrine Rochiou. Où se sont-ils mariés ? Où sont-ils décédés ? Si l’on ne tient pas compte d’Anne Rochiou, la famille Rochiou a disparu des registres dès 1664. Plusieurs hypothèses viennent à l’esprit :

  1. La famille Rochiou aurait-elle émigré dès 1664 en Nouvelle-France ? Peu probable, car Anne Rochiou, âgée de six ans en 1664, est restée dans la paroisse de Ploujean et son père est mentionné décédé lors de son mariage en 1685, alors que sa mère ne l’est pas.
  2. La famille Rochiou se serait-elle établie dans une paroisse voisine de Ploujean ? Sans le moindre indice, cela serait très long et très fastidieux à vérifier.

Dans le Nouveau Monde (le Québec et les autres provinces), a-t-il existé ou existe-t-il des personnes porteuses du patronyme Rochiou ou des patronymes dérivés : Rochyou, Rohyou, Rohiou, Rochou, Rociou et Rouchiou ?

Hervé Riou

(Ce texte a paru dans Le Riou-x (vol. 10, no 1, printemps 1993), p. 11-12.)