Les premiers seigneurs et leurs seigneuries

(Il nous fait plaisir de reproduire ici le texte de la conférence de Martin Riou lors du rassemblement du 25e anniversaire de l’association, tenu à La Pocatière, en août 2008.)

1e Seigneur Charles Denis de Vitré

Je vais vous entretenir aujourd’hui, sur l’histoire des seigneurs et des seigneuries de Trois-Pistoles, sous le régime Français. Durant cette période il y a eu 4 seigneurs et comme vous allez le constater, durant la prochaine demi-heure, chacun a joué un rôle déterminant. Tous les généalogistes amateurs le savent; C’est en faisant notre propre généalogie que le désir de connaître l’histoire de nos ancêtres apparaît. Dans mon cas, c’est à ma retraite, en 1991, que tout a commencé. À chaque mariage que je trouvais, je m’interrogeais sur la vie que ces ancêtres avaient vécue. Ma curiosité augmentait au fur et à mesure que je remontais dans le temps. Pour ceux qui sont intéressés par la généalogie, voici la mienne. Par ma mère, Hermine Rousseau, je descends de Vincent et, par mon père, Marc Riou, de Nicolas et Vincent.

Paternel                                                                             Maternel

Vincent                                                                               Vincent

Jean-Baptiste                                                                     Vincent

Jean-Baptiste                                                                     Paul

Éloi                                                                                     Félix

Georges                                                                             Félix

Louis-de-Gonzague x Hénédine (Éloi et Priscille)             Marie

Hector                                                                                Hermine

Marc

A la fin du 17e  siècle, les meilleures terres de l’Île d’Orléans et de la Côte de Beaupré sont concédées. C’était maintenant la rive sud qui se divisait en seigneuries. Et c’est à cette époque que le territoire en bas de Kamouraska commence à se développer. En 1675, M. Aubert de la Chenaye obtient les seigneuries Rivière-du-Loup et Le Parc que nous appelons Cacouna. Neuf ans plus tard, les Sieurs de La Cardonnière et d’Artigny, tous deux fils de Villeraye, conseiller au conseil souverain de Québec, obtiennent la seigneurie de L’Isle-Verte.

Puis, le 6 janvier 1687, la seigneurie Rivière-Trois-Pistoles est concédée au Sieur Charles Denis de Vitré, conseiller au Conseil Souverain qui en avait déjà fait la demande. Deux ans plus tard, le 28 février 1689, le Conseil Souverain reçoit le brevet de confirmation du Roy signé à Versailles le 01 janvier 1688. Par cette concession, le Sieur Denis de Vitré, obtient ce qu’il avait demandé. C’est-à-dire une terre de deux lieues de front, le long du fleuve St-Laurent, du coté sud, à prendre depuis la seigneurie de l’Isle-Verte en descendant le fleuve St-Laurent, la Rivière Trois-Pistoles comprise et les îles qui se trouveront dans les deux lieues de la concession même l’Île aux Basques. (Autrement dit à l’ouest de la Pointe-à-la Loupe et à l’est de l’église actuelle.) Vitré obtient cette terre à titre de fief seigneurie, justice, droit de chasse, de pêche, de traite avec les sauvages et autres droits futurs. Comme à l’Isle-Verte, c’est un endroit stratégique pour observer ce qui se passe sur le fleuve. Malheureusement le manque de précision dans le bornage provoquera plus tard des complications avec la seigneurie de l’Isle-Verte. (Par pêche ont entend également la chasse des marsouins et loup marins c’est-à-dire bélugas et phoques )

Voici donc le 1er premier seigneur de la seigneurie de Rivière-Trois-Pistoles, le Sieur Denis de Vitré. Membre d’une famille en vue, il s’est distingué par l’énergie qu’il a déployée pour développer l’industrie de la pêche dans le St-Laurent. En 1673, à l’âge de 28 ans, il était nommé membre du Conseil Souverain. Il y demeurera jusqu’à sa mort en 1703 victime d’influenza. Grand propriétaire foncier, entrepreneur en pêcherie, on lui concéda de nombreuses seigneuries, certaines principalement pour l’établissement de ses pêcheries. De plus il acheta des terres à Québec et dans les environs. Vitré forma des associations et accorda des contrats de location pour la mise en valeur de ses propriétés et de ses pêcheries. Ainsi, Le Bic, qui lui avait été concédé en premier lieu pour l’établissement de pêcheries, fut loué à un entrepreneur en résidence à qui il accordait la moitié des bénéfices. Chaque année, Vitré organisait des expéditions de pêche dans le bas du fleuve. Il achetait ou louait des bâtiments de pêche et s’attachait les services d’associés. Ces derniers assumaient la direction des opérations en mer, partageant avec lui, les gains et les dépenses. Vitré s’intéressait d’une façon particulière à la pêche aux marsouins à cause des bénéfices intéressants que pouvait apporter la vente de l’huile et des peaux.

2e seigneur 1e résident Jean Riou

En 1696 la seigneurie de Rivière-Trois-Pistoles n’est aucunement développée, elle est dans le même état qu’en 1687. Les travaux fait par de Vitré se sont limités à la pêche aux marsouins et aux loups marins. On sait que les seigneuries n’étaient concédées qu’aux nobles et aux militaires ou encore à des personnages qui s’étaient illustrés auprès du roi. Ils devaient y tenir feu et lieu et amener des colons afin de donner de l’essor à la grande cause de la colonisation. De Vitré n’avait certainement pas rempli toutes ses obligations. Il lui fallait réagir. À mon avis, un des but des autorités tant militaires qu’administratives était de remplacer les seigneurs non résidents, par des seigneurs résidents. Ceci afin d’occuper le territoire et d’établir une présence constante et des liens de communication pour avertir Québec, le plus tôt possible, de la présence éventuel d’ennemis.

On sait que lors des attaques des frères Kirk en 1629 et de Phips en 1690,Québec avait été informé trop tardivement de la présence des forces ennemies et par des informations non fiables de pêcheurs, de voyageurs et de sauvages. En 1690, le gouverneur général Frontenac était à Montréal lorsqu’il apprit que la flotte de Phips était à la hauteur de Tadoussac. Bien qu’il quitta Montréal aussitôt pour revenir à Québec sans s’arrêter, il y arriva le 14 octobre à 10 heures du soir, pour apprendre que les navires Anglais étaient au pied, de la traverse de l’île d’Orléans. Il s’en est fallu de peu pour que Frontenac arrive trop tard. Cette décision d’occuper le territoire, surtout sur les bords du fleuve à la hauteur de Tadoussac, de L’Isle-Verte et de la Rivière-Trois-Pistoles était essentielle et elle a bien fonctionné en 1759. Durant cette période, le bas du fleuve était visité par beaucoup de monde et les lois n’étaient pas toujours respectées. Nous n’avons qu’à consulter les dossiers des Gouverneurs, de la Prévôté et de l’Amirauté pour s’en rendre compte.

C’est le 15 mars 1696 que le contrat d’échange passé devant le notaire Chambalon entre Jean Riou et Denys de Vitré est signé. Jean Riou reçoit la seigneurie Rivière-Trois-Pistoles et les mêmes droits et les mêmes obligations que Denys de Vitré. En échange, Riou donne sa terre de St-François d’Argentenais qui a trois arpents de front sur le fleuve et profonde jusqu’au centre de l’Île d’Orléans. Au recensement de 1681, cette terre avait 15 arpents en valeur. Lors de l’échange en 1696, les bâtiments consistaient en un corps de logis de 36 pieds de long en madriers embouvetés, une grange et une étable y joignant de 54 pieds de long. Cependant l’échange ne pouvait pas se faire avant 1697 car la seigneurie de Rivière-Trois-Pistoles était louée encore pour une autre année à Denis Riverin qui l’avait sous-louée à Charles Aubert de la Chesnaye. Le nouveau propriétaire Jean Riou s’engagea à respecter ce bail et percevra les 100 livres pour la location. De plus il devra demeurer à titre de fermier sur la terre qu’il vient d’échanger et payer un loyer de quarante minots de blé froment. Afin de dédommager et de compenser ce retard, De Vitré promet de fournir à Jean Riou, dans le mois de juin prochain, une chaloupe Byscayenne grée de cables, voiles et grappins prête à partir pour descendre à la seigneurie Rivière-Trois-Pistoles. La chaloupe demeurera en propre à la famille Riou. Au retour de la pêche qu’il ira faire l’été prochain, il promet de bailler audit Riou trois filets et trois lignes garnis.

Mais qui est Jean Riou? Jean Riou a été baptisé le 20 mars 1652 à Ploujean en Bretagne et il est l’ancêtre canadien des Riou(x). Le 10 janvier 1678, il se marie à Catherine Leblond âgée de 14 ans, fille aînée de Nicolas Leblond et de Marguerite Leclerc. Dans son contrat de mariage, Riou présente ses deux témoins et amis Mathurin Gerbert et Jacques Beaudouin. On sait que ces deux habitants de St-François descendaient régulièrement dans le bas du fleuve pour y faire la pêche. Il est fort probable que Jean Riou faisait lui aussi cette pêche et qu’il connaissait déjà le territoire et les propriétaires des seigneuries tel que Charles Denys de Vitré. En effet, plusieurs évènements nous font penser qu’ils se connaissaient. Dans l’échange, Jean Riou reçoit sa barque grée, avec filets et lignes garnis. On peut présumé qu’il sait s’en servir et qu’il connaît la navigation sur le fleuve. Une des terres qu’il vend, en 1697, est voisine de celle qu’il a échangée et est achetée par Gabrielle, la fille de Denys de Vitré, veuve du capitaine Desquerac mort à Laprairie le 11 août 1691.

Marie-Madeleine Riou, fille de Jean et de Catherine Leblond fit le choix de la vie religieuse à l’hôpital général de Québec. Les trois sœurs de Denys de Vitré, Catherine, Marie et Gabrielle firent le même choix, même que Gabrielle fut supérieure de l’institution durant 3 ans.

Les Riou vécurent une vingtaine d’années sur leur terre fertile et bien organisée de St-François. Au printemps 1697, les Riou liquident leurs biens et les autres terres qu’ils possèdent. Les semences terminées Jean âgé de 45 ans, son épouse Catherine, 33 ans, leurs fils, l’aîné Nicolas 14 ans, Vincent 7 ans et Pierre 4 ans quittent l’Île d’Orléans pour leur seigneurie de Rivière-Trois-Pistoles. Puis, c’est le silence jusqu’en 1709. Il faut bien comprendre que la famille Riou est fort occupée car tout est à faire. Nous ne connaissons pas exactement la date de décès de Jean Riou, mais nous savons que c’est entre 1702 et 1709. À son décès, il fut remplacé par son fils aîné Nicolas qui devient le 2ième Seigneur résidant. Le nouveau seigneur est né en décembre 1683 à Ste-Famille, Île d’Orléans. Il arrive à la seigneurie de Rivière-Trois-Pistoles à l’âge de 14 ans. En 1710, il épouse Louise Asselin de Ste-Famille, Île d’Orléans. Ils eurent 11 enfants dont 3 garçons Nicolas, Étienne et Jean-Baptiste. Le 6 septembre 1754, Jean-Baptiste obtient par écrit le consentement de son père et de sa mère de continuer sa carrière de navigateur et la permission de se marier où bon lui semblera en autant que ce soit avec une honnête jeune femme qui puisse lui faire honneur. Devenu capitaine de navire, il fit plusieurs voyages entre l’Europe et les Antilles. Il commandait alors le navire (Lion de Bordeaux); il est fait prisonnier par les anglais à deux reprises et réussit à s’évader à chaque fois.

Pour son courage et sa détermination, il obtient de la France le titre de noblesse de LaGesse. Mais revenons à Nicolas, fils de Jean. Il connaissait très bien la seigneurie, très tôt, il s’implique au maximum. Voici quelques une de ses démarches qui nous le ferons connaître davantage.

Dès le 30 août 1709 il se rend à Québec et explique à l’Intendant ce que son père lui a laissé ainsi qu’à sa mère, à ses frères et sœur. Il explique également le partage présumé de la seigneurie Rivière-Trois-Pistoles ainsi que la permission de continuer la construction de l’habitation. Suite à toutes ces explications, l’Intendant Jacques Raudot lui donne une ordonnance qui lui permet de continuer l’habitation qu’il a commencée dans la part qui lui reviendra de la seigneurie.

[Le 30 octobre 1711 Nicolas Riou prie le sieur Halmard de passer un contrat de vente en son nom avec monsieur de la Minotière d’une lieue de terre appartenant audit de la Minotière attenante à la borne des terres du dit Riou.]

Le 31 mars 1712 Nicolas Riou acquiert de Pierre Niort la terre d’une lieue de front sur le fleuve St-Laurent par 2 lieues de profond adjacente à la borne de Jean Riou.

Le 15 février 1723, c’est l’Acte de Foy et Hommage du seigneur Nicolas Riou qui explique le partage de la seigneurie, à savoir qu’il hérite de la moitié de la seigneurie. Alors que Vincent, Pierre et Marie, la religieuse, reçoivent et se partagent l’autre demie en 3 tiers, Marie la religieuse ne garde pas son héritage, Elle donne sa part à ses 3 frères, c’est-à-dire un tiers de l’autre demie. Le lendemain, 16 février 1723, Nicolas Riou fait ses Aveu et Dénombrement et déclare, qu’en plus de son héritage, il possède en roture une terre d’une lieue de front à prendre à la borne de Jean Riou par 2 lieues de profondeur. Dans une seigneurie, il y a ce qu’on appelle le domaine du seigneur. Dans ce domaine, Nicolas déclare qu’il possède une maison de quarante deux pieds de long clause de madriers, une grange de trente huit pieds de long clause de planches sous laquelle sont une étable et une écurie bâties en pierre, une chapelle de colombage de trente pieds de long et un moulin à eau à faire de la farine entouré de pieux. Environ vingt cinq arpents de terre labourable mais point de prairie, les grèves où la marée monte fournissaient suffisamment de foin. Qu’il n’y a encore pas d’habitant qui ait pris des terres en la censive dudit fief, que ses frères demeurent avec lui et ne sont pas encore établis, qu’ils n’ont pas fait le partage et ont joui par indivis jusqu’à présent. Lequel aveu et dénombrement le seigneur Riou a déclaré avoir vérifié et a signé.

Riou

Ce qui suit démontre bien les difficultés que nos ancêtres ont rencontrées. La fréquence et la gravité des incendies dans la Nouvelle-France forcèrent le gouvernement de la colonie à rechercher activement des ardoisières afin de couvrir les maisons et les édifices publics en matériaux non combustibles. Le 16 octobre 1728, MM. De Beauharnois et Daigremont étaient tout heureux d’annoncer au Ministre qu’un ouvrier avait découvert une ardoisière sur la rive sud du fleuve, à cent lieues au-dessous de Québec. On la disait abondante et d’exploitation facile. Les propriétaires, le docteur Sarrazin et son beau-frère, le sieur Hazeur, résolurent alors d’exploiter systématiquement leur carrière. Ils entrèrent en société avec les seigneurs Lepage et Riou, tant pour tirer de l’ardoise que pour faire ensemble la pêche de la morue et des marsouins.

Ces habitants utilisaient des embarcations qui leur appartenaient et avec leurs connaissances de la navigation, ils devaient être d’un précieux secours. Dès le début des travaux, le chanoine Hazeur, de l’Orme, beau-frère du propriétaire, conseillaient à ce dernier de se trouver d’autres associés que les Lepage et les Riou plus préoccupés disait-il de réussir dans leur pêche que d’exploiter profitablement l’ardoisière du Grand Étang. Quant aux ouvriers, il valait mieux remplacer Laflèche et son fils par des tireurs et des fendeurs d’ardoise de France. L’Intendant Hocquart ne négligeait rien pour encourager l’entreprise et protéger l’ardoisière de Sarrazin et Cie.

Le 15 septembre 1730, suite à des refus de travail et de troubles sérieux, il lançait une ordonnance défendant à toute personne de causer des troubles au sieur Pierre Riou, frère du seigneur Nicolas, préposé à l’exploitation et enjoignant aux employés et engagés d’obéir strictement à Riou pour le bien et l’utilité de l’entreprise.

L’Intendant achetait 9000 ardoises pour recouvrir le Palais et les magasins à Québec. Le prix était fort élevé, 50 livres le millier. Il eût été plus avantageux de faire venir l’ardoise de France. L’usage que l’on avait fait de leur ardoise pour recouvrir certains édifices publics à Québec avait démontré qu’elle était trop friable. Bref, le 9 octobre 1733, MM.De Beauharnois et Hocquart écrivaient au ministre qu’il ne fallait plus songer à l’exploitation de l’ardoisière du Grand Étang,

Le 22 mars 1741, une Ordonnance de l’Intendant Hocquart condamne les nommés Lange et Boissel, matelots du bateau ¨l’Heureux Retour¨, à payer à Nicolas Riou la somme de 60 livres, prix d’un cheval qu’il a perdu pour leur service en traversant la rivière de Trois-Pistoles. Le propriétaire du bateau, le sieur Landron, marchand bourgeois, est tenu d’avancer la dite somme pour ses matelots qui le rembourseront sur leur gages et salaires. Le transport de personnes en calèche était une des activités importantes que les Riou pratiquaient avec leurs chevaux. Mais ce n’est qu’en 1787 que le chemin du Roy fut prolongé jusqu’à Trois-Pistoles et que le service postal fut inauguré le 15 juillet 1786 entre Bic et Lévis. Le premier postier fut Jean-Baptiste Rioux.

Plusieurs ordonnances poursuites et procès démontrent bien que les Riou étaient présents et ont été impliqués dans le développement du Bas-du- fleuve. Ce qui suit est sûrement la démarche la plus importante du seigneur Nicolas Riou. Le 6 avril 1751, L’Acte de concession de Jean-Pierre de Taffanel, marquis de la Jonquière, et François Bigot, gouverneur et intendant de la Nouvelle-France, donne à Nicolas Riou, propriétaire en partie de la seigneurie de Rivière-Trois-Pistoles, de l’étendue de terrain qui se trouve non concédée entre la seigneurie de Rivière-Trois-Pistoles et les terres appartenant à feu sieur Lachenaye (le Bic)sur quatre lieues de profondeur, laquelle concession comprenant les îles, îlots et battures se trouvant au-devant dudit terrain, à titre de fief et seigneurie avec haute, moyenne et base justice.

Tout semble bien aller pour la famille du seigneur Nicolas Riou. Ce dernier a su gérer ses propriétés avec intelligence et courage. Il a agrandi ses terres pour y établir sa nombreuse postérité et donné avec son fils aîné Nicolas (futur 3e  seigneur résidant) un nouvel élan à l’agriculture qui attire les colons. Même que l’épouse de son fils, Catherine Gerbert, descendante de Mathurin, après quatre filles, venait de donner naissance à son petit fils François Nicolas et futur 4e seigneur résidant. Mais un drame terrible frappe la famille Riou. Le 3 janvier 1756, Nicolas Riou décède dans son Manoir à l’âge de 72 ans. Il est enterré le 6 janvier en même temps que son fils Nicolas âgé de 35ans. Deux jours plus tard, on menait en terre François-Nicolas, un bébé de 5 mois, fils et petit-fils des précédents. Au début de l’année 1756, Vincent et Pierre les frères du seigneur Nicolas décèdent ainsi que Joseph Gerbert, le beau- père de Nicolas Riou, Germain Lepage de Rimouski et le seigneur Jean-Baptiste Côté de l’Ile-Verte.

Mais quelle était cette épidémie? Certain avancèrent la peste, pour d’autres, c’était la picote, mais aucune enquête sérieuse ne fut faite. Suite à ces décès, il fallait déterminer qui deviendrait le futur seigneur. En appliquant la logique et les traditions, ce fût Étienne, le dernier fils de Nicolas Riou et petit-fils de Jean Riou, qui devient le 3e seigneur résidant.

C’était la fin d’une époque. Ce fut certainement très pénible pour les survivants et surtout pour Étienne le nouveau seigneur. Le transfert fut long et difficile. La défaite en 1759 sur les Plaines d’Abraham n’aida en rien la situation.

Martin Riou